Les assureurs ont publié leurs taux de fonds euros pour 2024 au cours des dernières semaines. La moyenne du marché se situe autour de 2,5 % selon les données compilées par la presse spécialisée, en légère baisse par rapport à 2023. Sur certains contrats bancaires traditionnels, on descend vers 2 à 2,1 %. Sur les meilleures offres en ligne, les meilleurs fonds euros oscillent entre 3 et 3,5 %.
La tendance est là. Après le pic de 2023-2024, les fonds euros entament leur phase de normalisation. Pour les détenteurs d’assurance vie, cette évolution appelle quelques ajustements.
Pourquoi les rendements des fonds euros baissent-ils en 2025 ?
La même mécanique que dans le sens de la hausse opère maintenant dans le sens inverse. Les banques centrales ont commencé à baisser leurs taux directeurs en 2024 et continuent en 2025. Les nouvelles obligations d’État achetées par les fonds euros sont donc émises à des taux inférieurs à celles achetées en 2022-2023.
Le portefeuille obligataire des fonds euros est un mélange d’obligations à différentes échéances, achetées à des taux différents. La rotation est lente : les obligations à dix ou quinze ans achetées au pic de 2022-2023 continueront à tirer le rendement moyen vers le haut pendant encore plusieurs années. Mais les nouvelles acquisitions se font à des taux plus bas, et leur poids augmente progressivement dans le portefeuille.
La trajectoire est prévisible : les rendements des fonds euros vont continuer à baisser graduellement dans les deux à trois prochaines années, sauf retournement majeur de politique monétaire.
2,5 % de fonds euros en 2025 : est-ce encore intéressant ?
Par rapport au Livret A à 2,4 %, la différence est ténue en apparence. Mais deux points nuancent cette comparaison.
D’un côté, le fonds euros est soumis aux prélèvements sociaux (17,2 %) prélevés annuellement sur les intérêts. Un fonds euros à 2,5 % produit environ 2,07 % net. Le Livret A à 2,4 %, exonéré de prélèvements, donne 2,4 % net. Le Livret A conserve un léger avantage fiscal sur la fraction comparable.
De l’autre côté, l’assurance vie n’est pas que son fonds euros. C’est une enveloppe qui combine sécurité (fonds euros) et potentiel de rendement (unités de compte), avec un avantage fiscal sur les retraits après huit ans et un régime de transmission hors succession. Comparer un contrat d’assurance vie au seul Livret A, c’est comparer une enveloppe à un produit.
La vraie question n’est donc pas « est-ce que le fonds euros vaut encore mieux que le Livret A ? ». Elle est : « Quelle est la part de mon assurance vie qui doit rester en fonds euros, et quelle part doit être en unités de compte ? »
Comment ajuster la répartition de son assurance vie face à cette baisse des fonds euros ?
Si vous avez un horizon de placement de dix ans ou plus, la baisse du fonds euros est une bonne occasion de réévaluer votre allocation.
Pour un épargnant avec quinze ans devant lui qui avait augmenté sa part en fonds euros pendant la phase de hausse des taux (2022-2024), il est cohérent d’envisager de rediriger progressivement les nouveaux versements vers des unités de compte, notamment des ETF. Le fonds euros à 2,5 % net de prélèvements sociaux a un rendement réel à peine positif avec une inflation à 2 %. Sur quinze ans, c’est insuffisant pour construire un capital significatif.
Le rééquilibrage ne doit pas être brutal. Diriger les nouveaux versements vers les UC plutôt que de vendre massivement du fonds euros est la méthode la moins perturbatrice : pas d’impact fiscal, pas de risque de timing, et un ajustement progressif de l’allocation au fil des mois.
Faut-il changer de contrat si son fonds euros est particulièrement peu performant ?
Si votre contrat actuel affiche un fonds euros à 2 % brut quand les meilleurs du marché sont à 3 à 3,5 %, la question se pose. Sur un encours de 50 000 € sur vingt ans, l’écart de 1,5 % annualisé représente plusieurs dizaines de milliers d’euros de capital final.
Mais avant de transférer, calculez le coût complet de l’opération. Les frais de transfert ou de rachat du contrat actuel (s’il y en a), la fiscalité éventuelle si vous faites un rachat avant huit ans, le temps de traitement entre clôture et réouverture. Un transfert n’est rentable que si l’écart de performance compense ces frictions sur l’horizon restant.
Si votre contrat a plus de huit ans et que vous avez peu de gains latents à fiscaliser, le transfert vers un meilleur contrat est souvent pertinent. En dessous de huit ans avec des gains importants, le calcul est moins évident.
FAQ
Les fonds euros vont-ils remonter si l’inflation repart ?
Oui, avec un délai. Si l’inflation repart à la hausse, la BCE relèverait ses taux, et les rendements obligataires suivraient, tirant progressivement les fonds euros vers le haut. Le mécanisme est symétrique, dans les deux sens, avec la même inertie.
Un fonds euros « dynamique » offrant plus de rendement est-il risqué ?
Les fonds euros « dynamiques » ou « immobiliers » intègrent une proportion d’actifs moins liquides (immobilier, infrastructure, private equity) pour améliorer le rendement. En contrepartie, la garantie en capital peut être conditionnelle (maintien pendant un nombre minimum d’années) ou légèrement réduite. Lisez les conditions contractuelles avec attention avant de choisir ce type de support.
Peut-on arbitrer depuis le fonds euros vers les UC sans conséquence fiscale ?
Oui. Un arbitrage interne à votre contrat d’assurance vie, qu’il s’agisse d’un transfert du fonds euros vers des UC ou l’inverse, ne génère pas d’événement fiscal. La fiscalité ne s’applique qu’en cas de rachat (retrait de l’enveloppe), pas lors des mouvements internes.