La rentrée est le moment où cette question revient le plus souvent dans les conversations. Un enfant qui grandit, une conscience qui s’éveille sur le temps qui passe, l’envie de faire quelque chose de concret pour lui. Mais quoi ? Un livret ? Une assurance vie ? Un PEA une fois majeur ? Et combien mettre de côté chaque mois ?
Les options existent. Elles ne sont pas équivalentes. Et le bon choix dépend de ce que vous voulez faire de cet argent, et quand.
Quelle est la première question à se poser avant de choisir un outil ?
Avant de comparer des enveloppes, une question préalable : à quoi est destiné cet argent ?
Si vous épargnez pour financer les études de votre enfant dans quinze ans, la réponse est différente de si vous constituez un capital qu’il recevra à 25 ans pour un apport immobilier, différente encore si vous souhaitez lui transmettre un capital à votre décès.
L’horizon et l’usage conditionnent tout le reste. Une épargne à quinze ans justifie une exposition significative à des actifs risqués (les fluctuations ont le temps de se lisser). Une épargne dont vous aurez besoin dans cinq ans exige davantage de sécurité. Cette clarté préalable simplifie considérablement le choix de l’outil.
Le livret : utile pour quoi, et jusqu’où ?
Un Livret A ou un LDDS ouvert au nom d’un enfant mineur (géré par les parents jusqu’à sa majorité) est disponible immédiatement, garanti, sans frais. C’est l’outil adapté pour l’épargne de précaution de l’enfant et pour les projets à très court terme.
Ce qu’il ne fait pas : croître de façon significative sur quinze ou vingt ans. À 2,4 %, un versement de 50 € par mois pendant dix-huit ans produit environ 12 000 € bruts. L’effet des intérêts composés est limité à ce niveau de rendement. Le livret est un bon point de départ, pas le moteur de la constitution d’un capital.
L’assurance vie au nom de l’enfant : pour qui, pour quoi ?
L’assurance vie ouverte au nom d’un enfant mineur est gérée par les représentants légaux jusqu’à sa majorité. Elle permet d’investir en fonds euros (sécurisé) et en unités de compte (ETF, actions), avec les mêmes avantages fiscaux qu’une assurance vie adulte.
Deux avantages spécifiques pour l’épargne enfant.
D’abord, l’horizon. Un enfant de deux ans dont les parents ouvrent une assurance vie aujourd’hui a potentiellement seize ans d’accumulation avant ses dix-huit ans, et vingt-trois ans avant ses vingt-cinq ans. Sur cet horizon, l’effet des intérêts composés sur des unités de compte est considérable.
Ensuite, la flexibilité. Contrairement au PEAC (bloqué jusqu’à la majorité), une assurance vie reste accessible. Si un besoin urgent survient avant les dix-huit ans de l’enfant, les parents peuvent effectuer un rachat. Ce n’est pas recommandé, mais c’est possible.
Limite principale : le contrat est à votre nom, géré pour le bénéfice de l’enfant. À la majorité, l’argent reste techniquement à vous (vous en êtes le souscripteur). La transmission effective nécessite un acte de donation ou une organisation spécifique.
Le PEA à l’ouverture des 18 ans : l’opportunité que beaucoup ratent
Un jeune de 18 ans peut ouvrir un PEA. La plupart des parents ne pensent pas à l’y aider. Et pourtant, c’est une des meilleures choses qu’on puisse faire pour un enfant qui vient de passer le bac.
L’argument est simple : l’horloge des cinq ans commence à l’ouverture du plan. Un PEA ouvert à 18 ans est exonéré d’impôt sur le revenu à partir de 23 ans. Si votre enfant commence à travailler à 23 ou 24 ans et veut investir régulièrement pour sa retraite, il aura une enveloppe fiscalement optimale déjà constituée dès le départ.
Ouvrir un PEA le jour des 18 ans avec 150 € symboliques, c’est un cadeau de bac qui vaut bien plus que sa valeur nominale.
Comment combiner ces outils selon l’horizon ?
Une organisation possible en trois couches, pour différents objectifs simultanés.
Court terme (0 à 5 ans) : Livret A au nom de l’enfant. Argent disponible pour les dépenses liées à son éducation, activités, équipements.
Moyen/long terme (5 à 18 ans) : Assurance vie multisupport avec une part croissante en unités de compte sur les premières années, puis une migration progressive vers le fonds euros à l’approche de la majorité pour sécuriser le capital accumulé.
Au passage à la majorité : Ouverture d’un PEA pour lancer l’horloge fiscale. Possible donation de tout ou partie de l’assurance vie si votre situation le permet.
Cette organisation n’est pas la seule possible. Mais elle couvre les trois horizons avec les outils les mieux adaptés à chacun.
FAQ
Combien mettre de côté chaque mois pour constituer un capital significatif à 18 ans ?
Avec 100 € par mois depuis la naissance jusqu’aux 18 ans, investi à 6 % annualisé en unités de compte, vous constituez environ 39 000 €. À 7 %, vous approchez 44 000 €. Ces chiffres ne sont pas des garanties, mais des ordres de grandeur utiles pour calibrer l’effort mensuel. Même 50 € par mois sur dix-huit ans, c’est une base solide pour un jeune adulte.
Peut-on ouvrir un PEA pour un enfant mineur ?
Non. Le PEA est réservé aux personnes majeures (18 ans et plus) fiscalement domiciliées en France. En revanche, le PEAC (Plan d’Épargne Avenir Climat) peut être ouvert pour les mineurs. Et comme mentionné, ouvrir un PEA à l’exacte date des 18 ans de votre enfant est une action à anticiper.
Quelle fiscalité s’applique lors de la transmission de l’assurance vie à votre enfant ?
Si vous effectuez une donation de votre vivant, les règles des donations s’appliquent (abattement de 100 000 € entre parent et enfant, renouvelable tous les quinze ans). Si l’argent transite via votre assurance vie à votre décès, les règles spécifiques de l’assurance vie s’appliquent : 152 500 € par bénéficiaire exonérés pour les primes versées avant 70 ans.